Il fait nuit, rue Lamonoye. Je mets la musique assez fort pour ne plus entendre le claquement de mes talons, symbole d'une approche répétitive et échouée. C'est fini. Après tous ces efforts, tous ces signaux d'alarme, c'est fini. Notre histoire n'a plus de suite, et je trace un trait sur toutes ces étreintes. Je le déteste et je ne veux plus le voir. A chaque fois, c'est toute une histoire, je ne comprends pas, je ne veux plus comprendre. Je suis blasée. Trop blasée pour pleurer. J'ai la tête ailleurs, je manque de me faire écraser et... je m'en fous. Je suis désespérée. Je n'ai envie de rien. A vivre à en mourir, je suis morte. De toutes façons, c'est toujours la même chose. Je suis sentimentalement handicapée. Je vivais ma vie à 200 à l'heure, à présent je suis dans la rue et tout me semble atemporel. Les gens courent, crient, rient, vivent. C'est comme un accident de voiture ; Tu conduis vite, un peu trop vite et tout à coup, choc brutal, ton monde se fige, tes projets se flinguent et... Tout s'arrête.
Et mes plaies s'ouvrent un peu plus à chaque fois qu'il s'entête..


