Bored.

Bored.

Il fait nuit, rue Lamonoye. Je mets la musique assez fort pour ne plus entendre le claquement de mes talons, symbole d'une approche répétitive et échouée. C'est fini. Après tous ces efforts, tous ces signaux d'alarme, c'est fini. Notre histoire n'a plus de suite, et je trace un trait sur toutes ces étreintes. Je le déteste et je ne veux plus le voir. A chaque fois, c'est toute une histoire, je ne comprends pas, je ne veux plus comprendre. Je suis blasée. Trop blasée pour pleurer. J'ai la tête ailleurs, je manque de me faire écraser et... je m'en fous. Je suis désespérée. Je n'ai envie de rien. A vivre à en mourir, je suis morte. De toutes façons, c'est toujours la même chose. Je suis sentimentalement handicapée. Je vivais ma vie à 200 à l'heure, à présent je suis dans la rue et tout me semble atemporel. Les gens courent, crient, rient, vivent. C'est comme un accident de voiture ; Tu conduis vite, un peu trop vite et tout à coup, choc brutal, ton monde se fige, tes projets se flinguent et... Tout s'arrête.




Et mes plaies s'ouvrent un peu plus à chaque fois qu'il s'entête..






# Posté le vendredi 20 novembre 2009 13:53

Modifié le lundi 23 novembre 2009 12:15




PARTY EVERYDAY. PARTY EVERYDAY.




Tu te souviens ? Le temps que, dans ses bras, tu aurais voulu arrêter, la chaleur de cette étreinte, son odeur, les détails du pull qu'il portait quand il te serrait presque trop fragilement, la courbe de son épaule, tu pourrais la décrire par c½ur tellement tu l'as appréciée, son sourire quand il était avec toi, son regard quand tu es partie, son regard qui t'as suivie jusqu'au bout... Il te manque, n'est-ce pas. Tu es tombée amoureuse comme on attrape une maladie. Sans le vouloir, sans y croire, contre ton gré et sans pouvoir t'en défendre, et puis... tu l'as perdu. De la même manière.
Mais lui, il ne te connait plus. Après ce temps tu l'as vraiment perdu. Et elle se range à ses côtés, pendant que tu en oublies ses baisers...






Je suis totalement ___________________________________décalée.







WAYFARER BABY !

# Posté le vendredi 13 novembre 2009 13:56

Play me a sad song, 'cause thats what i want to hear. I want you to make me cry.





Je ne sais même pas pourquoi je viens souffrir ici.
Ce bordel institutionnel qui met l'amour en pièces.
Ici, on n'est rien pour personne.
Je ne suis rien pour lui.
Je vais aux toilettes finir la coke.





TANT QU'IL RESTERA UN RAYON DE SOLEIL AVENUE MONTAIGNE J'AURAI ENVIE DE CROIRE AU BONHEUR.



Play me a sad song, 'cause thats what i want to hear. I want you to make me cry.

# Posté le dimanche 27 septembre 2009 07:16

Modifié le mardi 17 novembre 2009 10:07

Et j'en ai marre, en même temps, de faire attention. J'en ai marre, d'être enfermée en moi avec tous ces sentiments que j'ai proscrits, tous ces mots que je ne veux plus dire, plutôt mourir que de les dire, je me dis, à la casse les mots d'occasion déjà servis, c'est comme mon c½ur, et mon corps, eux aussi ils sont d'occasion, eux aussi ils ont aimé, souffert, et alors ? je ne vais pas me réincarner pour autant, ni me glisser dans l'âme d'une autre, ils sont là, ces mots, de toute façon, ils sont dans ma tête, dans ma gorge, Pablo les boit en m'embrassant, il les entend même quand je les enferme, tu crois quoi, idiote ? C'est lui, bien sûr, qui a raison. J'ai honte de les penser, les mots, et encore plus honte de ne pas pouvoir les dire. J'en ai marre de ce froid en moi. Marre de ne plus avoir chaud ni mal. Marre de passer à côté de la vie, du bonheur, du malheur, des gens, de la mort. Merde la fausse vie. Merde le noir, le silence, l'anesthésie, les chats, les jeans. Il a raison, Pablo. Faut arrêter de pas vivre. Faut arrêter de pas pleurer. Faut arrêter la rétention des larmes, ça va me donner de la cellulite dans le visage, à force. Faut que t'arrêtes d'avoir peur d'être vivante, il m'a dit l'autre jour, à l'aéroport. Chaque fois que tu mets la radio à fond dans la salle de bains, je sais que tu vas pisser. Faut arrêter, Belle du Seigneur. Faut arrêter l'amour sublime, les amants beaux et nobles et parfaits. Le matin, on est chiffonnés, on a mauvais haleine, c'est comme ça, faut accepter, c'est ça aussi la vie. La vie, c'est qu'un jour je quitterai Pablo, ou Pablo me quittera. Je lui préfèrerai quelqu'un ou il en aura marre de moi, et ce sera triste mais ce sera pas tragique. Et puis la tristesse passera, elle aussi, comme le bonheur, comme la vie, comme les souvenirs qu'on oublie pour moins souffrir ou qu'on mélange avec ceux des autres ou avec ses mensonges. Le parfum fade du lait de coco, nos pieds écorchés par les tongs, les immenses mille-pattes qui courent sur les chemins de terre, l'eau écarlate du fleuve Garapoa, le petit âne ébouriffé qui s'ébrouait dans les flaques comme un chiot, et ce grand chien jaune qui nous suit depuis notre arrivée, moi j'ai déjà des souvenirs avec Pablo, c'est déjà ça de pris, c'est le jour qui s'est levé. Tu vois, Louise, on recommence, il m'a dit ce matin. C'est ça qui compte, recommencer. Je ne l'aime pas comme j'aimais Adrien. Je ne l'aime plus comme aiment les enfants. La vie est un brouillon, finalement. Chaque histoire est le brouillon de la prochaine, on rature, on rature, et quand c'est à peu prêt propre et sans coquilles, c'est fini, on n'a plus qu'à partir, c'est pour ça que la vie est longue. Rien de grave.

Et j'en ai marre, en même temps, de faire attention. J'en ai marre, d'être enfermée en moi avec tous ces sentiments que j'ai proscrits, tous ces mots que je ne veux plus dire, plutôt mourir que de les dire, je me dis, à la casse les mots d'occasion déjà servis, c'est comme mon c½ur, et mon corps, eux aussi ils sont d'occasion, eux aussi ils ont aimé, souffert, et alors ? je ne vais pas me réincarner pour autant, ni me glisser dans l'âme d'une autre, ils sont là, ces mots, de toute façon, ils sont dans ma tête, dans ma gorge, Pablo les boit en m'embrassant, il les entend même quand je les enferme, tu crois quoi, idiote ? C'est lui, bien sûr, qui a raison. J'ai honte de les penser, les mots, et encore plus honte de ne pas pouvoir les dire. J'en ai marre de ce froid en moi. Marre de ne plus avoir chaud ni mal. Marre de passer à côté de la vie, du bonheur, du malheur, des gens, de la mort. Merde la fausse vie. Merde le noir, le silence, l'anesthésie, les chats, les jeans. Il a raison, Pablo. Faut arrêter de pas vivre. Faut arrêter de pas pleurer. Faut arrêter la rétention des larmes, ça va me donner de la cellulite dans le visage, à force. Faut que t'arrêtes d'avoir peur d'être vivante, il m'a dit l'autre jour, à l'aéroport. Chaque fois que tu mets la radio à fond dans la salle de bains, je sais que tu vas pisser. Faut arrêter, Belle du Seigneur. Faut arrêter l'amour sublime, les amants beaux et nobles et parfaits. Le matin, on est chiffonnés, on a mauvais haleine, c'est comme ça, faut accepter, c'est ça aussi la vie. La vie, c'est qu'un jour je quitterai Pablo, ou Pablo me quittera. Je lui préfèrerai quelqu'un ou il en aura marre de moi, et ce sera triste mais ce sera pas tragique. Et puis la tristesse passera, elle aussi, comme le bonheur, comme la vie, comme les souvenirs qu'on oublie pour moins souffrir ou qu'on mélange avec ceux des autres ou avec ses mensonges. Le parfum fade du lait de coco, nos pieds écorchés par les tongs, les immenses mille-pattes qui courent sur les chemins de terre, l'eau écarlate du fleuve Garapoa, le petit âne ébouriffé qui s'ébrouait dans les flaques comme un chiot, et ce grand chien jaune qui nous suit depuis notre arrivée, moi j'ai déjà des souvenirs avec Pablo, c'est déjà ça de pris, c'est le jour qui s'est levé. Tu vois, Louise, on recommence, il m'a dit ce matin. C'est ça qui compte, recommencer. Je ne l'aime pas comme j'aimais Adrien. Je ne l'aime plus comme aiment les enfants. La vie est un brouillon, finalement. Chaque histoire est le brouillon de la prochaine, on rature, on rature, et quand c'est à peu prêt propre et sans coquilles, c'est fini, on n'a plus qu'à partir, c'est pour ça que la vie est longue. Rien de grave.

-Tu sais, Eddie, j'ai enchainé, elle court après quelque chose qui existe pas. Elle est comme un animal blessé, tu vois, et elle retombe toujours un peu plus bas. Je crois que le monde est trop petit pour elle, Eddie, je crois que tout les problèmes viennent de là...
Il a lancé sa ligne plus loin qu'il l'avait jamais envoyée jusqu'à maintenant, il avait une espèce de grimace sur la bouche.
-N'empêche qu'il doit bien y avoir quelque chose à faire.. il a grogné.
-Ouais, bien sûr, il faudrait qu'elle comprenne que le Bonheur existe pas, que le Paradis existe pas, qu'il y a rien à gagner où à perdre et qu'on peut rien changer pour l'essentiel. Et si tu crois que le désespoir est tout ce qu'il te reste après ça, ben tu te goures une fois de plus, parce que le désespoir aussi est une illusion. Tout ce que tu peux faire, c'est te coucher le soir et te relever le matin, si possible avec le sourire aux lèvres, et tu peux penser ce que tu veux ça changera rien, ça va seulement compliquer les choses.
Il a levé les yeux au ciel en secouant la tête :
-Ma parole, je lui demande si il y a un moyen pour la sortir de là et tout ce qu'il trouve à me dire c'est qu'elle ferait mieux de se mettre une balle dans la tête... !!!
-Non, pas du tout, ce que je veux dire c'est que la vie c'est pas un stand de foire avec tout un tas de lots bidons à décrocher et si t'es pas assez dingue pour te mettre à miser, tu t'aperçois vite que la roue s'arrête jamais de tourner. Et c'est là que tu commences à souffrir. Se fixer des buts dans la vie, c'est s'entortiller dans des chaines.
Un deuxième poisson est sorti de l'eau. Eddie a soupiré.
-Quand j'étais môme, ici, il y avait plus de poissons que de flotte, il a marmonné.
-Quand j'étais môme, je croyais que le chemin serait éclairé, j'ai dit.




# Posté le mercredi 09 septembre 2009 07:35

Modifié le jeudi 12 novembre 2009 14:45

Le pays des merveilles.

Le pays des merveilles.

Francesco Zazzi

Dissertation

LE VULGAIRE ET LA LANGUE ITALIENNE


Attendu que nous vivions en des temps de grandes tensions, personnelles, sociales, nationales et internationales, l'usage du vulgaire dans la langue italienne est de plus en plus répandu. Au nord comme au sud, à la ville comme à la campagne. Il suffit de penser à l'utilisation de plus en plus fréquente du substantif génital masculin « zob ». Jusqu'à il y a quelques années, le « zob » , personnellement, je ne l'utilisais pas beaucoup. Et mes camarades de classe non plus. Peut-être parce qu'alors nous allions encore à l'école primaire. Mais à partir du collège, l'usage du « zob » chez les jeunes s'intensifie. Jusqu'à ce qu'une fois au lycée, les jeunes le manipulent en permanence. Le « zob » se prête d'ailleurs à des usages très variés. En définitive, on peut le mettre pratiquement partout. De fait, d'un point de vue éminemment linguistique, il n'y a pas de limites. Fourrez-le où vous voudrez, il fonctionnera toujours. Mais passons à quelques exemples pratiques.
Le « zob » s'emploie avant tout comme affirmation en réponse à une question. Par exemple : « Tu as déjà fait tes devoirs de vacances. » Réponse : « Zob ! » Ou bien : « Tu as été chercher ton abonnement de train ? » Réponse : « Zob ! » Ou encore « Tu as pensé à te laver les aisselles ? » Réponse : « Zob ! » Toutefois, grâce à son caractère versatile, le « zob » peut aussi s'utiliser comme négation. En l'occurrence : « Qu'est-ce que tu as mangé aujourd'hui ? » Réponse : « Zob. » Ou bien « Tu as compris quelque chose aux explications ? » Réponse . « Zob. » Ou même : « Que vois-tu à l'horizon ? » Réponse : « Zob. » Et ainsi de suite. Mais il fonctionne également comme interrogation dans le cas de « Zob, tu vas où ? » « Zob, tu fais quoi ? » « Zob, tu veux quoi ? » « Zob, t'es qui ? » mais aussi « Zob, qu'est-ce que tu racontes ? » « Zob, qu'est-ce qui te prend ? » « Zob, qu'est-ce que c'est que ça ? », etc.
Le « zob » ne doit donc pas être sous-évalué. C'est si vrai qu'il fonctionne également comme superlatif. Parfois, en raisonnant par l'absurde, en compagnie de la « chatte ». Un exemple parmi tant d'autres, le super-utilisé « Zob, quelle chatte ! » expression parmi les plus récurrentes quand vient à passer une jeune fille un tant soit peu mignonne. Mais le « zob » fonctionne également très bien comme diminutif. Soyons plus clairs : « Qu'est-ce que tu penses de cette moto ? » Réponse : « D'après moi, elle vaut zob. » Ou bien : « Mais quelle taille elle fait, celle-là ? » Réponse : « Moins qu'un zob. » Ou encore : « Dis moi ce que tu penses de moi. » Réponse : « Lâche-moi le zob et dégage. » Par nature, le « zob » est donc avant tout exclamatif : « Zob ! » Quand on casse un pot de fleurs à la maison, on s'exclame : « Zob ! » Quand on écrase un chien qui traverse dans les clous, on hurle « Zob ! » Quand on n'a plus de cigarettes, on crie : « Zob ! »
Du reste, les jeunes sortent leur « zob » pour exprimer à la perfection une vaste gamme d'émotions et de sentiments. Depuis l'angoisse, quand à l'école on apprend soudain qu'il va y avoir une interrogation surprise et qu'on soupire : « Oh non, zob » à la joie quand on reçoit un disque et qu'on dit : « Merci, non d'un zob ! » De la tristesse, quand le petit chat meurt et qu'on murmure « Pauvre petit, zob » à l'enthousiasme, quand notre équipe favorite marque un but et qu'on hurle : « Zob, quel but ! » Le « zob » est donc toujours en position de datif. Quand on a vraiment pas de chatte, il peut cependant se révéler génitif. Un cas limite de l'utilisation du zob se rencontre quand un ami, nous sachant énamouré, nous demande : « Alors, tu te l'es faite ? » et qu'on répond : « Zob ! »
En conclusion, le « zob » est au départ un terme vulgaire mais finit par devenir autre chose, puisqu'il est utilisé dans la langue italienne actuelle non seulement dans le sens d'organe sexuel mâle érectile et le cas échéant reproductif, mais en tant auxiliaire, adverbe, synonyme ou antonyme. Et si, d'un côté, nous pouvons tranquillement affirmer que c'est grâce au « zob » que les années 70 sont complètement différentes des années 60 (quand le « zob » s'utilisait très peu par rapport à aujourd'hui), il faut également souligner que ce qui paraît de prime abord vulgaire ne l'est pas toujours réellement. Comme dans le fameux S'EN FOUTRE EST NOTRE DEVISE. SE FOUTRE DE LA MORT, SE FOUTRE DE BOMBACCI ET DU SOLEIL DE L'AVENIR qui, malgré la présence du vulgaire « foutre », ne l'est en aucun cas, mais évoque au contraire des idéaux extrêmement éleves. Là où volent les aigles.



# Posté le lundi 20 juillet 2009 13:31

Modifié le jeudi 30 juillet 2009 17:21