J'en ai marre de ce froid en moi. Marre de ne plus avoir chaud ni mal. Marre de passer à côté de la vie, du bonheur, du malheur, des gens, des corridas, de la mort. Merde la fausse vie. Merde le noir, le silence, l'anesthésie, les chats, les jeans. Il a raison, Pablo. Faut arrêter de pas vivre. Faut arrêter de pas pleurer. Faut arrêter la rétention des larmes, ça va me donner de la cellulite dans le visage, à force.

J'en ai marre de ce froid en moi. Marre de ne plus avoir chaud ni mal. Marre de passer à côté de la vie, du bonheur, du malheur, des gens, des corridas, de la mort. Merde la fausse vie. Merde le noir, le silence, l'anesthésie, les chats, les jeans. Il a raison, Pablo. Faut arrêter de pas vivre. Faut arrêter de pas pleurer. Faut arrêter la rétention des larmes, ça va me donner de la cellulite dans le visage, à force.






J'ai demandé à Franz un de ses T-shirts comme souvenir.
Celui avec gribouillé au stylo-bille JE VOUS HAIS TOUS.
Je le porte tout le temps.

Le rendez-vous avec Margherita, j'y suis pas allé.
J'écoute de la musique.
Le jour.
La nuit.

Je regarde le T-shirt que je porte.
JE VOUS HAIS TOUS, c'est écrit.
JE VOUS HAIS TOUS.
JE VOUS HAIS TOUS.
JE VOUS HAIS TOUS.




J'ai plus beaucoup le goût des choses, j'ai un peu le goût de rien, j'aime rien,
rien ne me passionne, je ne suis dépendante de rien, je n'ai besoin de personne,
je ne veux rien, rien, rien rien. Je passe mon temps à lire
Rien de grave de Justine Lévy à haute voix dans mon lit et je ne fais rien.



Je suis une incapable. Je me déteste.


# Posté le samedi 27 juin 2009 20:06
Modifié le samedi 27 juin 2009 20:16

Nos voisins de table sont partis, il y a une fille maintenant, j'ai déjà dû la croiser, elle me sourit, je ne lui rends pas son sourire, je m'en fous, je suis assise avec toi dans ce café où on s'est tellement engueulés, où on s'est tellement fait de promesses, où tu m'as serré le genou sous la table quand on ne s'était même pas encore embrassés, c'était là-haut, au premier étage, la dame de la caisse s'en souvient, elle fait comme si, elle fait celle qui, mais je vois bien, moi, qu'elle s'en souvient et que de tout ca il ne reste rien. J'avais envie de te serrer dans mes bras, je te serre dans mes bras au-dessus de la table, au-dessus de ton café et de ma bière, et oui, cette fois, j'ai de la peine.

Nos voisins de table sont partis, il y a une fille maintenant, j'ai déjà dû la croiser, elle me sourit, je ne lui rends pas son sourire, je m'en fous, je suis assise avec toi dans ce café où on s'est tellement engueulés, où on s'est tellement fait de promesses, où tu m'as serré le genou sous la table quand on ne s'était même pas encore embrassés, c'était là-haut, au premier étage, la dame de la caisse s'en souvient, elle fait comme si, elle fait celle qui, mais je vois bien, moi, qu'elle s'en souvient et que de tout ca il ne reste rien. J'avais envie de te serrer dans mes bras, je te serre dans mes bras au-dessus de la table, au-dessus de ton café et de ma bière, et oui, cette fois, j'ai de la peine.


Je mange une glace quand je suis énervée, triste, déprimée, sur les nerfs, quand j'ai besoin d'un peu de réconfort, quand je me sens conne, inutile, inintéressante. Et puis je m'en veux trop, de grossir, d'être laide, et je me compare sans arrêt à un tas d'autre filles plus jolies et plus intelligentes que moi, je suis une idiote, et ça me fait pleurer, et je traine ma vieille carcasse jusqu'au congélateur pour me sortir le pot de ben&jerry's dans lequel je noie ma morosité devant quelques anciens épisodes de friends que j'ai déjà vus douze fois, de toutes façons. C'est un cercle vicieux.



Demain c'est le dernier jour, et ça va me faire bizarre, non pas de prendre à droite au lieu de prendre à gauche lorsque j'arriverais dans l'établissement mais plutôt de mettre le terme de 'fin' à cette année qui a été si mouvementée.
Quand je parle de cet été, je parle toujours de l'été dernier, l'été 2008 et ça me trouble de me dire que à présent quand je parle de cet été, je parle de l'été 2009 que je vais vivre et ça me fait mal que cet été prenne la place de l'été dernier qui est pour moi encore cet été puisque je n'ai pas vécu ce prochain été mais les autres ne semblent pas comprendre.




Va, cocotte immature. Je vais reposer le pot de glace, et fermer un peu les yeux sur ce qui va m'arriver. J'aime ma vie, j'aime ne pas savoir où je vais être demain, qui je vais rencontrer. C'est toujours la même routine mais mon optimisme me laisse systématiquement espérer un rebondissement. Je tente d'oublier mon quotidien fade et similaire à tant d'autres et profite un peu plus de chaque jour de plus, même si c'est le même qu'hier et que demain. J'attends toujours, c'est ma seule raison, attendre, quoi, je n'en sais rien, attendre que quelque chose m'arrive enfin, n'importe quoi, j'attends toujours que le temps des jolies choses revienne mais dès qu'une imitation se présente elle ne dure jamais plus que quelques jours et c'est là que le manque se présente, c'est ça, le désespoir, le désespoir c'est de toujours faire l'insouciante et la gentille pour encore finir par se faire prendre pour une conne.



Rien de grave.




# Posté le jeudi 25 juin 2009 16:29